Surya and the Moon


Le bonheur, c’est lorsque ce que tu penses, ce que tu dis et ce que tu fais sont en harmonie. Gandhi

Pourquoi je suis devenue végétarienne ?

Pourquoi je suis devenue végétarienne ?
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J’ai arrêté de manger de la viande au printemps 2015, j’ai arrêté le poisson en décembre de la même année et j’ai eu une période où mon alimentation a été à 100% végétalienne pendant plusieurs mois.                                
Aujourd’hui mon alimentation est à plus de 80% végétale et j’avais envie de partager avec vous mon expérience, avec le plus de bienveillance possible car c’est toujours un sujet délicat à aborder.
Dans cet article je ne parlerai que de mon cheminement personnel et comment j’ai vécu ce processus de « transformation ».
Si cela vous intéresse, je reviendrai avec plaisir dans un autre article, sur le rapport entre végétarisme et santé, quelles sont les alternatives en protéines, idées de recettes etc …  

 

Retour en arrière

 

J’ai toujours aimé les animaux. Depuis toute petite fille, aller au zoo (oui je reviendrai plus tard sur ce point) était une de mes activités favorites et j’ai toujours une collection incroyable d’animaux en peluche. J’ai grandi auprès de chats et de chiens, mes deux parents m’ayant toujours montré à quel point on peut être proche de notre animal de compagnie et de tout l’amour qu’il peut nous donner. Les Walt’s Disney avec animaux étaient aussi mes préférés ; pleurer à chaudes larmes (encore aujourd’hui à 26 ans, oups) devant la mort de Mufasa ou encore quand Rox se retrouve seul et abandonné dans la forêt, est juste quelque chose de tout à fait normal chez moi. J’ai d’ailleurs toujours rêvé secrètement que j’avais le pouvoir de parler aux animaux

Au niveau de mon alimentation, je mangeais presque de tout, habituée depuis petite à tout type de nourriture, de la bonne cuisine maison de papa et maman, des plats exotiques du monde en passant par MacDo ou à des restaurants étoilés, je n’ai jamais été très difficile. J’aimais les plats avec de la viande, d’ailleurs les côtelettes d’agneau ont été pendant longtemps mon plat préféré, mais j’ai toujours refusé de manger du cheval ou du lapin, les trouvant certainement trop mignons pour être mangés. J’ai été élevé avec cet amour de la cuisine, pouvoir passer du temps à préparer de bons petits plats pour se régaler par la suite a toujours été un plaisir.

C’est vers la fin de l’année 2014 que j’ai commencé à me poser des questions. De vidéos Youtube à des articles de blog, je tombais sur des témoignages de personnes expliquant pourquoi elles étaient devenues végétariennes et/ou « vegan ». Je me souviens avoir lu celui d’une jeune assistante vétérinaire racontant son stage obligatoire dans un abattoir. Elle y expliquait comment les choses se passaient pour les animaux, ce qu’elle y avait vu et ce qu’elle avait ressenti en étant là-bas. La force des mots est incomparable, et cette description cauchemardesque de la condition de ces animaux ne pouvait que me toucher en plein cœur. Je me rappelle encore de mon état à la suite de cette lecture. En pleurs, inconsolable et complétement traumatisée par ce que je venais de lire. Bien sûr, difficile d’imaginer que ce qui se passe dans un abattoir est joli. Mais finalement ce n’est pas quelque chose auquel on pense souvent et encore moins quand on mange.

 

On mange par habitude, comme tout le monde, car on a toujours fait comme cela et sans vraiment se poser de questions.

 

En fin de compte, j’étais en train de prendre conscience de ce que j’avais dans mon assiette. Cette escalope milanaise c’est un bout d’animal ; du veau, du porc ou du poulet et qu’avant d’être un morceau de viande mort, c’était un animal vivant. Ça peut paraitre tellement évident en y réfléchissant un peu, mais je pense que tout autour de nous, la société, les publicités, la santé publique, est fait pour que le lien ne se fasse pas. C’est sûr que ce ne serait pas forcément très vendeur pour les bouchers, le lobby de la viande, etc, que les abattoirs aient des vitres où on pourrait tout voir, ou que les pubs type Charal nous montrent le avant/après de ce bout de steak. Mon côté hypersensible a beaucoup contribué à ce déclic de ne plus me sentir capable de manger de la viande, mais je comprends que ce ne soit pas le cas de tout le monde. On a tous une sensibilité qui nous est propre et c’est normal de ne pas être ému ou touché par les mêmes choses. Mais pour moi cela devenait évident que je ne pouvais plus, que je ne voulais plus manger d’animaux.

 

Révolte et réflexions

 

Tout au début j’étais révoltée. Chaque lecture et visionnage de vidéos, montrant l’étendue de l’exploitation animale (abattoirs, tests sur animaux pour les cosmétiques ou produits ménagers, industrie du cuir, de la laine, élevages à fourrure, cirques, zoos, parcs marins…), me terrifiaient. Finalement j’étais en train de prendre conscience de l’ampleur de la violence de notre monde et surtout conscience qu’il y a de la violence absolument partout et que tout ça nous est souvent caché.

Plus mon intérêt envers la cause animale grandissait, plus je me tournais vers un mode de vie plus naturel, éthique, engagé pour l’environnement et ma santé. Je pense que tout est lié et que chaque chose que nous entreprenons est déterminante pour notre évolution personnelle et, à plus grande échelle, pour l’humanité.  

Faire abstraction et minimiser les impacts de mes choix, en vivant ma vie sans trop me poser de questions sur ma façon de consommer, devenait de plus en plus difficile. J’avais besoin d’arrêter de faire les choses machinalement, par habitude, par tradition ou simplement car je ne connaissais que cette façon de faire. J’ai eu ce besoin de mettre plus de conscience et de présence dans mes actions, mes choix et surtout de constamment remettre en question ce qui se présentait à moi. Savoir si, par moi-même et pour moi-même, cette chose me convenait ou si simplement je répétais un vieux schéma d’habitudes. Mes recherches m’ont amenées à prendre conscience que la souffrance animale est beaucoup plus présente que l’on ne le croit et surtout qu’elle existe de façon complétement aberrante et pourrait être totalement supprimée. Les cirques avec animaux en sont pour moi l’exemple parfait. Comment pouvons nous encore aujourd’hui, avec toutes les recherches montrant la maltraitance dans les cirques, cautionner que des animaux sauvages soient quotidiennement exploités et ridiculisés ? Et ce pour quoi ? Pour notre divertissement ? Je suis sûre que certains dresseurs aiment leurs animaux mais bien aimer veut avant tout dire prendre en compte les besoins de l’autre. Et laisser des éléphants en cage, alors que naturellement ils parcourent des centaines de kms par jour, ou s’émerveiller devant des ours danseurs, ce n’est pas de l’amour.

Ce fut un changement bouleversant dans ma vie, et avec le recul je me rends bien compte qu’une part de moi devenait intransigeante et ne comprenait pas comment d’autres pouvaient continuer à faire comme si de rien était sans se poser de questions.  Si moi Marie je pouvais être profondément bouleversée par le sort des animaux, alors pourquoi pas les autres ?

 

Mon hypersensibilité et les débuts de mon végétarisme/véganisme

 

Je ne voulais plus participer à toute cette souffrance et, si je me sentais moi-même incapable de tuer de mes mains un cochon pour me nourrir, je trouvais ça hypocrite de payer quelqu’un pour le faire à ma place. Au début tout a été assez chaotique et surtout très dur émotionnellement. J’avais peur du regard de l’autre et de me sentir jugée et incomprise. Toujours constamment en train de chercher l’approbation ou l’amour de l’autre,  je me suis malheureusement heurtée à des critiques, des petits pics moqueurs ou encore à des peurs concernant ma santé.

 Se retrouver subitement à contre-courant des dogmes alimentaires, être en décalage avec la majorité de la société n’est jamais une position confortable.

Je n’étais à l’époque pas assez forte et claire dans ma tête pour expliquer mes choix sans me laisser déborder par mes émotions. Je prenais chaque réflexion trop à cœur et je ne pense pas que mon entourage mesurait l’impact que leurs mots ou avis pouvaient avoir sur moi. J’étais souvent maladroite et voulais à tort essayer de convaincre tout le monde que la cause que je défendais était juste. A vrai dire je n’arrivais pas à comprendre pourquoi mon choix alimentaire soulevait autant de passions. J’essayais de trouver mille raisons pour me justifier, je voulais qu’on me comprenne, que les gens continuent de m’aimer même en étant différente, je voulais me rassurer sur mon choix, je voulais me fondre à nouveau dans le moule et que tous les regards à table ne soient plus braqués sur moi. Je n’ai réalisé que plus tard l’importance des repas pour le lien social. Manger, passer du temps à table, pendant les fêtes par exemple, est quelque chose d’important socialement et surtout en France. Et dès qu’on commence à faire les choses, peu importe lesquelles, un peu différemment de la majorité, cela créé toujours un moment d’incompréhension, de flou, de peurs, de préjugés et puis finalement d’acceptation et de compréhension, du moins dans la plupart des cas. 🙂

 

Cohérence

 

Devenir végétarienne m’a aidé à mieux me connaître et surtout à faire des recherches par moi-même. Si je décidais de ne plus manger d’animaux, il fallait que je me renseigne sur les alternatives alimentaires possibles pour ne pas être en mauvaise santé et ne manquer de rien. Les questions que tout le monde te pose au début ;  « mais tu ne vas pas être en carence de protéine ? et le calcium ? Mais tu ne manges plus rien en fait du coup ? » ; il fallait bien que je puisse y répondre. La plupart des gens ne s’y connaissent pas en nutrition mais pourtant chacun a toujours son avis là-dessus. Changer d’alimentation a modifié mon regard sur la nourriture, j’avais perdu le confort du « je fais comme tout le monde sans me poser de questions car tout le monde fait comme ça » et j’ai eu besoin de me documenter et de me renseigner avec des études scientifiques pour savoir comment équilibrer mon assiette. Finalement quand tu deviens végétarienne, tout le monde se permet des petites réflexions et s’inquiète tout d’un coup pour ta santé par rapport aux carences que tu pourrais développer. Mais quand tu manges de façon « traditionnelle », c’est assez rare que quelqu’un vienne commenter ton assiette alors que tu es en train de manger ; « euh mais là par contre je pense que tu vas être en carence de vitamine C, il faut que tu rajoutes des brocolis ! ».

Manger de la viande n’est pas nécessairement synonyme de bien s’alimenter, au contraire ! 

Si mon végétarisme est né de cette impossibilité de supporter la souffrance qu’on engendrait aux animaux, je devais être cohérente avec mes convictions, et par conséquent, ajuster mes choix de manière plus globale. Je ne pouvais pas arrêter de manger de la viande mais continuer pour autant à acheter une veste en cuir etc. Alors imaginez, si déjà annoncer à mon entourage que j’arrête de manger de la viande a été quelque chose de difficile, quand en plus,  je rajoute « et euh au fait, non je n’ai plus envie de porter cette veste en cuir et concernant la sortie que vous prévue au cirque et bien je ne pense pas que je vais vous accompagner », là forcément je deviens la fille la moins drôle et la plus chiante de l’année. 🙂

Je n’ai jamais eu,  je pense, de raisonnement « extrême  » et j’ai toujours essayé de mesurer mes propos. Certaines personnes véganes refusent toute exploitation animale, y compris par exemple d’avoir un chien tenu en laisse. Si les vegans sont contre la laine ou ne mangent pas d’œufs et de laitage, mon avis est plus « nuancé ». Je pense qu’en théorie, tondre des moutons pour leur laine, manger des œufs ou boire du lait, peut et surtout devrait se faire sans souffrance et dans le respect et l’amour de l’animal. Traire avec modération une vache, sans évidement lui retirer son veau, pour prendre son lait et en faire une petite production de fromage, tondre un mouton et utiliser sa laine pour en faire des pulls, tout ça semble normal et pourquoi de la souffrance devrait être générée par ces actions ? Notre société de surconsommation ne laisse presque plus la possiblité de faire les choses à petite échelle, de façon raisonnée et en conscience. L’Homme et l’Animal devraient pouvoir vivre ensemble sans qu’un lien de supériorité et d’oppression se créé. Les dérives de la science poussent constamment l’Homme à en vouloir toujours plus, et il ne se soucie que très rarement des conséquences de ses actions.

Au 15ème siècle Rabelais nous mettait déjà en garde ; « science sans consience n’est que ruine de l’âme ». Et nous sommes malheureusement en plein dedans.

Aujourd’hui notre façon de vivre et de consommer doit véritablement se transformer et nous devrions davantage nous interroger sur quel monde nous souhaitons laisser à nos enfants. Il n’y a rien d’impossible et c’est nous, en tant que citoyens du monde, en tant que consommateurs, qui pouvons décider de notre avenir et de celui de notre planète.

 

Mais alors, pourquoi je ne suis plus « vegan » ?

 

Plus de trois ans après le début de mon cheminement vers le végétarisme, le but est toujours le même pour moi ; j’essaye à ma façon d’agir en fonction de ce que je considère comme juste et j’essaye au maximum de réduire l’impact de souffrance que je pourrai générer. Je me considère comme engagée dans la cause animale, environnementale, humanitaire, bref l’injustice de quelque façon qu’elle soit me révolte. Je peux passer des journées entières à essayer de sauver un chaton coincé dans le moteur d’une voiture. Croiser sur l’autoroute un camion rempli de cochons me fera toujours autant pleurer et je continuerai à sauter de joie à chaque fois qu’un restaurant proposera de belles alternatives végétales.

Pourtant même si cet objectif et cet idéal de vie sont bien présents chaque jour en moi, j’ai été obligée de constater, à ma plus grande tristesse, que des fois nos idéaux ne suffisent pas.

Le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui est violent et vivre cette vie sans engendrer de souffrance est tout simplement impossible. Pas besoin d’avoir fait Sciences Po pour remarquer l’état actuel du monde. Concernant mon végétarisme/véganisme, j’ai du constater qu’il avait malheureusement des limites et que je ne pouvais pas toujours agir en accord avec mes idéaux. Manger de la viande, absolument jamais, manger des crustacés ou du poisson je l’ai fait rarement. Mais dans une situation, par exemple, où je suis à l’autre bout du monde pour accompagner Clément à des tournois pendant plusieurs semaines, et qu’il n’y a rien à manger qui peut me convenir à part des coquillettes trop cuites, qu’est ce que je dois faire ? 

J’ai compris aujourd’hui que l’essentiel est simplement de faire du mieux que nous pouvons. Dans n’importe quel domaine de la vie, des fois on peut se retrouver face à des situations, où on sait très bien comment, en théorie, on voudrait agir, mais sur le moment en pratique ce n’est finalement pas possible. Vivre en permanence en étant aligné avec nos convictions est terriblement difficile, la vie est faite de compromis, de remises en questions, de doutes, de découvertes et on ne devrait jamais se sentir coupable de faire « simplement » du mieux qu’on peut. Mais faire du mieux qu’on peut signifie, je pense, malgré tout de mettre de la conscience dans ce que nous faisons et de savoir pourquoi nous le faisons. Si une cause nous semble importante ou résonne en nous alors il faut toujours suivre notre cœur, peu importe les obstacles. Je continuerai toujours du mieux que je peux à me battre contre la souffrance animale et la souffrance en général. Je garde cet espoir, peut-être illusoire, que nos actions ont un poids et que c’est en amenant de l’amour là où il y a de la violence que les choses pourront changer. Avec Clément, on rêve de créer notre sanctuaire pour animaux et je suis sûre qu’on y arrivera. Nous avons le pouvoir de changer le monde, et si nous pouvons le faire, au maximum, sans engendrer de souffrance, alors pourquoi ne le ferions nous pas ?

 

Merci à tous d’avoir pris le temps de me lire. N’hésitez pas à partager votre expérience sur le végétarisme, vos questions, en laissant un commentaire, je serai vraiment ravie d’échanger avec vous 

 

N’oubliez pas que vous pouvez aussi vous abonner à mon blog en renseignant votre adresse email, vous recevrez un message à chaque nouvelle publication. 🙂

 

 

Tu crois que la Terre t’appartient toute entière
Pour toi, ce n’est qu’un tapis de poussière
Moi je sais que la pierre, l’oiseau et les fleurs
Ont une vie, ont un esprit et un cœur

Pour toi l’étranger ne porte le nom d’Homme
Que s’il te ressemble et pense à ta façon
Mais en marchant dans ses pas, tu te questionnes
Es-tu sûr, au fond de toi, d’avoir raison ?

Allez je propose de préparer un bon petit plat vege à toutes les personnes trouvant la source de ces quelques phrases, hihihi 🙂 

 

 

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6 commentaires pour “Pourquoi je suis devenue végétarienne ?”

  • J’adore ta façon d’écrire, de dire les choses tout simplement… on ressent beaucoup ta sensibilité et ton dévouement pour toutes ces causes à travers ces quelques lignes, et puis je dois avouer que tu nous amènes tous par tes écrits à nous poser des questions sur nous-mêmes, sur nos valeurs, nos vraies envies… merci ma belle Marie pour tout cela… 💖 hâte de lire tes prochains articles 👏👏👏

  • Pocahantas !!!! 😀 Très bel article qui vient du coeur ça se sent des les premières lignes… Ca donne envie de changer certaine chose dans son quotidien… 😉 Et cette plume incroyable… Un vrai vrai plaisir de te lire et je ne te le dis pas juste parce que je suis ton amie ! 😉 D’ailleurs quelle chance de t’avoir pour amie, une personne aussi altruiste, naturelle et sensible <3 C'est bon d'avoir des personnes comme toi auprès de soi !

    Et… à quand un article mariage??? 😉

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